Histoire avant 1848
Archives / Bibliothèque
Vie des Communautés
Centenaire 1914-1918

MEL 16/01/2015
MAJ 26/03/2015

ANLB
Aïn Nouissy / Noisy-les-Bains
Toute l'histoire d'un village d'Algérie

.

LA GENDARMERIE

.

Dès que fut décidée l'expédition d'Alger, une ordonnance royale en date du 21 mars 1830 créa une force publique commandée par un grand prévôt pour accompagner le corps expéditionnaire. Elle se composait de cent vingt-sept sous-officiers et gendarmes, et de trente-cinq chevaux.

Au fil des années, les différentes dénominations de cette arme furent : force publique, de 1830 à 1833 ; gendarmerie d'Afrique, de 1834 à 1839 ; légion de gendarmerie d'Afrique, de 1839 à 1875 ; 31e légion de gendarmerie, de 1875 à 1879 ; 19e légion de gendarmerie, de 1879 à 1945 ; 10e légion d'Afrique (10e bis pour l’Oranie), de 1946 à 1962.

De janvier 1954 à mai 1960, époque de sa mise à la retraite, c’est un enfant de Noisy-les-Bains, le général Camille Morin, qui exerça le commandement de la gendarmerie en Algérie. Nous consacrerons une page particulière à sa carrière.

* * *

LA BRIGADE DE GENDARMERIE D'AIN-NOUISSY

Elle vit le jour dix ans après la création de la colonie agricole de 1848, et cinq ans après la fin de l’administration militaire qui dura de 1848 à 1853. Sa circonscription territoriale s’étendit d’abord sur La Stidia à l’ouest et Aïn-Sidi-Chérif à l’est. Puis, après 1888 et la création de Fornaka, annexe de La Stidia, la circonscription de la gendarmerie de Noisy-les-Bains s’agrandit de ce territoire situé au sud.

Comme ailleurs, la brigade était composée de quatre à cinq hommes, gendarmes à cheval et gendarmes à pieds. On compta également des « gendarmes auxiliaires indigènes », dont le rôle était de faciliter le contact avec la population musulmane.

Longtemps les gendarmes d’Aïn-Nouissy furent mal et petitement logés dans deux maisons de colonisation, n° 65 et 66 du plan cadastral, achetées par le département et qui, malgré un entretien coûteux, se délabraient. Ce n’est qu’en 1892 que le conseil général vota les crédits permettant d’édifier, à l’entrée nord de Noisy-les-Bains, le bâtiment qui, pendant des dizaines d’années restera le plus grand immeuble d’habitation de la commune et propriété du département. Par ailleurs, jusque dans les années 1890, la gendarmerie disposa du n° 250 bis du plan cadastral, destinés à l'origine à l'amélioration de l'ordinaire des gendarmes qui pouvaient y cultiver quelques légumes, mais dont la mairie négocia la reprise avec le département lors de la construction de la nouvelle gendarmerie

Nous allons suivre ici chronologiquement l’évolution de cette gendarmerie et la vie des gendarmes. Vous trouverez ainsi au fil des années des informations sur l’édifice, sur l’activité des gendarmes et leurs rapports avec les diverses populations, leur arrivée, leur départ, parfois leur vie de famille. De même, une liste de gendarmes, qui n’attend que d’être complétée,  est proposée à la suite.

Les sources utilisées sont principalement :
Comptes rendus des séances du Conseil général du département d'Oran,
La Gazette de Noisy-les-Bains (Aïn-Nouissy), chronique d'un village français d'Algérie à travers la presse, 1848-1962, tomes 1 à 5.

Et comme toujours, toute information susceptible de compléter cette chronique est la bienvenue.

1858

16 août, création de la brigade de gendarmerie d’Aïn-Nouissy dont la circonscription territoriale englobe La Stidia et Aïn-Sidi-Chérif. Aïn-Nouissy et La Stidia sont alors les deux centres annexes de la commune de Rivoli ; Aïn-Sidi-Chérif est une annexe d’Aboukir.

1860

Le conseil général vote une somme de 300 francs pour « entretien de la caserne de gendarmerie d’Aïn-Nouissy ».

1861

Sur trente-six demandes d’allocations, la commission des travaux publics du conseil général accepte les propositions de M. le Préfet. Mais sur les demandes de crédits pour les casernes de gendarmerie d’Aïn Nouissy et d’Aïn-Tédelès, la commission propose, sur l’allocation demandée de 300 francs pour chacune d’elle, une réduction de 50 francs, soit 250 francs à accorder à chacune.

Mais dans le même temps, « le plan et devis présentés pour une réparation devenue urgente sont adoptés » et 2 000 francs sont accordés pour « réparation du mur de clôture de la gendarmerie d’Aïn Nouissy ».

Enfin, l’installation de gendarmes indigènes à Aïn-Nouissy est votée, de même que pour Aïn-Tédelès, Aïn-Témouchent, Port-aux-Poules et Arzew.

Pour information, la dépense pour la construction de la gendarmerie de Blad-Touaria s’élève à 21 000 francs ; la dépense pour une annexe à la gendarmerie de Port-aux-Poules, devant servir à loger deux gendarmes indigènes, s’élève à 6 000 francs.

1862

250 francs sont alloués « pour l’entretien de la caserne de gendarmerie d’Aïn-Nouissy ».

Le coût de l’agrandissement de la caserne d’Aïn-Nouissy, brigade mixte*, pour l’installation de gendarmes indigènes est de 4 000 francs, suivant le type approuvé par le Conseil général dans sa séance du 13 octobre 1860. Sont dans le même cas les villages de  Aïn-Tédelès 4 800 francs, Aïn-Témouchent 4 500 francs ; l’achèvement de la gendarmerie de Nemours 20 000 francs ; construction d’une caserne à Perrégaux 20 500 francs, etc.

*[ndlr : brigade mixte signifie constituée de gendarme français et indigènes]

1873

On peut lire dans le rapport annuel du préfet : « La gendarmerie d’Aïn-Nouissy, près Mostaganem, est une ancienne propriété de colon, acquise par l’Administration. Ce casernement n’a qu’un rez-de-chaussée ; le bâtiment est assez bien construit : les murs sont en terre, mais les toitures reposent sur des charpentes trop faibles et tous les carrelages sont usés. En un mot, c’est une des casernes les plus mal appropriées et dans le plus mauvais état.

Déjà, il y a quelques semaines, des réparations ont été exécutées sur le crédit d’entretien, pour une somme de 250 francs. Cette somme est loin d’être suffisante, et M. l’Architecte estime que pour compléter la mise en état du bâtiment il faudrait encore une somme de huit cents francs ».

1875

Un tableau nous apprend la composition et la date de création de quelques circonscriptions de gendarmerie :

Aïn-Nouissy : Aïn-Nouissy, La Stidia, Aïn-Sidi-Chérif ; création 16 août 1858.
La Macta : La Macta, Damesme, Saint-Leu ; création le 17 novembre 1859.
Bouguirat : Bouguirat, Blad-Touaria, Sirat ; création le 1er octobre 1873.
L’Hillil : L’Hillil ; création le 1er octobre 1873.

« La brigade d’Aïn-Nouissy appartient au département ; son état est assez satisfaisant [ndlr : Ceci est en parfaite contradiction avec le rapport du préfet de 1862, cf. supra].
Les réparations les plus urgentes à faire sont les suivantes : remplacement du portail d’entrée ; réfection du pavage de l’écurie et des bat-flancs ».

Dans la séance du 9 octobre 1875 du conseil général, M. Jaupois, au nom de la commission des travaux publics et de colonisation, donne lecture du rapport suivant :
« M. le Préfet, dans son rapport n° 11, s’exprime en ces termes :
Les parcelles n° 65 et 66 à bâtir et 250 bis de jardin, du territoire de la commune d’Aïn-Nouissy, sont occupées par le service de la gendarmerie. M. le Directeur des Domaines propose de faire consacrer cette affectation par un décret de concession gratuite.
J’ai, en conséquence, l’honneur de prier le Conseil général de vouloir bien, par une délibération, formuler la demande de concession gratuite des immeubles dont il s’agit.
Votre Commission, reconnaissant la justice de la proposition de M. le Directeur des Domaines, vous prie de provoquer un décret de concession gratuite, qui conserve l’affectation des lots désignés dans le rapport de M. le Préfet. »
Le Conseil adopte.

M. Stuyck donne lecture d’un troisième rapport dont suit la teneur :
M. le Préfet, dans son rapport n° 33, s’exprime en ces termes :
Un des détachements de spahis chargés de la poursuite des malfaiteurs signalés dans le département, a séjourné pendant deux mois à Aïn-Nouissy, et les dépenses de casernement ont été laissées à la charge de ces militaires.
Ce supplément de force ayant eu pour but de seconder les efforts de la gendarmerie, il me parait équitable de rembourser à ce détachement les frais par lui exposés et qui s’élèvent, à raison de 10 centimes par jour et par homme, pour sept hommes, pendant deux mois, à la somme de 42 francs.
J’ai, en conséquence, l’honneur de prier le Conseil général de vouloir bien m’autoriser à prélever le montant de cette dépense, soit sur le crédit des dépenses imprévues, soit sur le crédit de 10 000 francs, inscrit au budget départemental de l’exercice courant, section III, chapitre VII bis, article unique, pour l’installation de nouvelles brigades.
Votre Commission des affaires diverses est d’avis qu’il est juste que le département prenne à sa charge cette dépense de 42 francs.

En conséquence, d’autoriser M. le Préfet à prélever le montant de cette dépense sur le crédit de 10 000 francs inscrit au budget pour l’installation des nouvelles brigades de gendarmerie et de procéder de même pour les dépenses ultérieures de ce genre. »
Le Conseil adopte.

1876

Une demande de crédits de 1 000 francs est inscrite au budget départemental pour 1877, en raison de « grosses réparations à faire à la gendarmerie d’Aïn-Nouissy ».

1879

« A votre session d’octobre dernier, il vous a été rendu compte de la situation de la gendarmerie dans le département.
Depuis lors, le nombre des brigades n’a subi aucune modification ; mais l’administration supérieure s’occupe d’organiser des brigades de gendarmerie dans les centres de nouvelle création et dans les anciens centres qu’il conviendrait de pourvoir de cette force armée.

  • Si le nombre des brigades n’a pas augmenté, l’administration supérieure a décidé, cependant, qu’il y avait lieu d’accroître les forces de certaines de ces brigades, en vue d’assurer d’une manière plus efficace la sécurité publique, dans les localités où elles ont été créées, par l’adjonction de deux gendarmes indigènes à chacune de celles de Relizane, du Tlélat, des Ouled-Ali, de Cassaigne, d’Inkermann, de Mercier-Lacombe et de Renault. Cette mesure a été mise à exécution dans toutes ces localités, excepté à Renault.
  • Les casernes de gendarmerie de Tiaret, de Saint-Cloud, de L’Hillil, d’Inkermann, de Lamoricière et de Renault sont aujourd’hui complètement terminées.
  • Une nouvelle caserne est en voie de construction à Saint-Denis-du-Sig.
  • Trois sont en projet, savoir celles de Mers-el-Kebir, de l’Oued-el-Hammam et de Saïda.

Telle est la situation actuelle du service de la gendarmerie.

Le tableau général des diverses brigades, indiquant leur division par arrondissements et la date de leur création, se trouve ci-après :

  • Brigade d’Aïn-Nouissy : centres de populations sur lesquels s’étend la surveillance Aïn-Nouissy, La Stidia, Aïn-Sidi-Chérif ; création 16 août 1858.
  • Brigade de Mostaganem : centres de populations sur lesquels s’étend la surveillance Mostaganem, Tounin, Aboukir, Ouréha, Pélissier, Mazagran.
  • Brigade de Bouguirat : centres de populations sur lesquels s’étend la surveillance Bouguirat, Blad-Touaria, Sirat.

[…]
Parmi les locaux affectés aux brigades ci-dessus détaillées, et sans compter ceux à peu près terminés ou en voie de construction, 20 sont la propriété du département ; ce sont ceux d’Aïn-el-Arba, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès, Aïn-Témouchent, Arzew, Lourmel, La Macta, Mascara, Mostaganem, Nemours, Perrégaux, Pont-de-L’Isser, Relizane, Saint-Louis, Sidi-bel-Abbès, Tlemcen, Zemmorah, Misserghin, Saint-Barbe-du-Tlélat et Mercier-Lacombe. Les autres sont loués, soit à des particuliers, soit aux communes.

1880

Onze projets sont dressés par le service de la voirie, destinés à justifier les demandes de crédits inscrites au budget départemental de l’exercice 1881, en faveur des bâtiments départementaux.

Ces projets concernent des travaux indispensables et urgents :

  • 3)-Aïn-Nouissy : construction d’un réservoir avec abreuvoir et lavoir à la gendarmerie, 600 francs.
  • 4)-Remplacement du portail en bois par un portail en fer à la même gendarmerie, 500 francs.

Rapport de l’Agent voyer en chef au sujet de la construction d’un réservoir à eau, avec abreuvoir et lavoir, à la gendarmerie d’Aïn-Nouissy.
Le village d’Aïn-Nouissy ne possède pas de lavoir public, l’abondance des eaux potables dont il est pourvu permettant à chaque propriétaire d’avoir chez lui une prise particulière qui suffit à tous les besoins du ménage. La caserne de gendarmerie fait exception ; en sorte que pour laver leur linge, les femmes des gendarmes sont obligées d’avoir recours à l’obligeance de leurs voisins.
Cette situation, qui nuit gravement à l’indépendance du service de la gendarmerie dans cette localité, ayant été signalée par M. le Lieutenant commandant l’arrondissement de Mostaganem, j’ai fait demander à M. le Maire d’Aïn-Nouissy de vouloir bien, le Conseil municipal entendu, nous accorder une concession d’eau gratuite et à perpétuité pour la caserne de gendarmerie. Cette demande a été agréée par la municipalité et M. le Maire a fait connaître à M. L’Agent voyer de Mostaganem, par lettre n° 101, en date du 10 avril dernier, qu’une concession de 1 000 litres par 24 heures était accordée au département.
La nécessité et l’urgence des travaux dont il s’agit et qui se composent d’un réservoir avec lavoir et abreuvoir, étant bien démontrées et rien ne s’opposant plus à leur exécution, nous avons l’honneur de présenter à l’approbation de l’assemblée départementale un détail estimatif s’élevant à la somme de 600 francs
.
Oran, le 2 août 1880
L’Agent voyer en chef Brunie

Rapport de l’Agent voyer en chef au sujet du remplacement d’un portail en bois par un portail en fer à la caserne de gendarmerie d’Aïn-Nouissy.
Le portail qui donne accès à l’intérieur de la caserne de gendarmerie d’Aïn-Nouissy a été construit en bois. Par suite d’un long usage et malgré un entretien constant, ce portail est aujourd’hui dans un si mauvais état, qu’il ne peut plus supporter aucune réparation. Il y a donc lieu de prévoir à bref délai son remplacement par un portail neuf.
Au lieu de proposer la construction d’un nouveau portail en bois, il nous a paru préférable d’établir le projet pour une porte en fer qui coûtera, cela est certain, un peu plus cher que si elle était en bois, mais elle aura l’avantage de durer beaucoup plus longtemps.
L’avant-métré et détail estimatif joint au présent rapport indique que le montant total de la dépense s’élèvera à la somme de cinq cents francs.
Oran, le 2 août 1880
L’Agent voyer en chef, Brunie

Décision et vote

3)-Construction d’un réservoir avec abreuvoir et lavoir dans la caserne de gendarmerie d’Aïn-Nouissy.
Les conclusions de la Commission sont les suivantes :
« Votre Commission, d’accord avec l’Administration, supprime dans le projet de la Voirie départementale le bassin réservoir qui ne lui paraît pas nécessaire et réduit par conséquent la dépense à la somme de 400 francs qu’elle vous prie de voter.
Le Conseil, consulté, vote ces conclusions.

4)-Remplacement du portail en bois par un portail en fer à la gendarmerie d’Aïn-Nouissy.
« Votre Commission vous propose, comme vous l’avez déjà fait pour d’autres gendarmeries, le remplacement du portail en bois de la gendarmerie d’Aïn-Nouissy par un portail en fer, et vous prie de voter la somme de 500 francs demandée par l’Administration. »
Ces conclusions, mises aux voies, sont adoptées par le Conseil.

Dans le cadre de grosses réparations à exécuter à la gendarmerie d’Aïn-Nouissy, le préfet propose une subvention de 1 100 francs, la proposition de la commission est de 900 francs. Finalement la brigade d’Aïn-Nouissy recevra 800 francs.

1881

Casernement ordinaire des brigades de gendarmerie et entretien des casernes appartenant au département, le conseil adopte sans observation, pour Aïn-Nouissy : 800 francs.

22 septembre : « Les pionniers algériens d'Aïn-Nouissy voulant rendre hommage à la conduite digne et énergique du colonel  de Négrier à El-Abiod se joignent à leurs concitoyens malgré la mauvaise récolte pour offrir une épée d’honneur à ce brave officier supérieur.
MM. Moullin, maire, 50 c ; Clément, conseiller, 50 c ; Thabourey Louis, 50 c ; Paralieu Jean, 1 F ; Durbec Jacques, 1 F ; Corbobesse Joseph, 1 F ; Piot Emile, 1 F ; Noguez, 50 c ; Palette Jean, 50 c ; Caralp François, 50 c ; Hernandez Manuel, 50 C ; Marcel Gerony, 25 c ; veuve ségalas, 50 C ; Hernandez Dominique , 50 c ; Morin Jacques, 1 F ; Ghil Antoine, 50 c ; Hernandez Carlos, Carlos, 50 c ; Paralieu François, 50 C ; veuve Mandron, 25 C ; Desplanches Hippolyte, 50 c ; Moullin François, 1 F ; Morin Casimir, 50 c ; Masse Paul, 50 c ; Benoit frères, 5 F ; Desjardin Michel, maçon à Rivoli, 1 F ; Langlois Victor, 1 F ; Morin StanislaS, 50 C ; Perez Simon, 25 C ; Salles Pierre, 25 c ; Bergon Jean, 25 c ; Moullin Emile, 25 c ; Robert Pierre, 10 c ; Corbobesse Adolphe, 50 c ; Quintaine Jacques, 1 F ; Paralieu Nicolas, 50 c ; Railland Nicolas, 1 F ; Andraud Antoine, 1 F ; Hernandez José, 1 F ; Tournier André, 25 c ; Bonnel Ambroise, 25 c ; Mounot Raymond, 50 c ; Mounot cadet, 25 c ; Feldis André, 25 c ; Girard, gendarme, 25 c. Soit au total 31,60 F.
»

1882

Casernement ordinaire des brigades de gendarmerie et entretien des casernes appartenant au département, pour Aïn-Nouissy : 600 francs. Le conseil adopte sans observation.

3 août : « L'époque du Rhamadan voit une recrudescence des vols. Vendredi dernier, il s'est passé un fait à Aïn-Nouissy qui doit inciter à la prudence. Un colon du village, Justamente, gardait sa vigne contre les chacals ; déjà, il avait tiré un coup de fusil sur l'un de ces animaux friands de raisin. Environ une heure après, il entend du bruit, se dirige vers l'endroit et se trouve tout à coup  en présence de trois individus qui se dressent devant lui au milieu de sa vigne ; l'un d'eux brandit une espèce de yatagan et s'élance sur lui ; pour se défendre, il tire le coup qui lui restait et l'individu tombe : ses complices avaient disparu. Le supposant mort, il se dirige vers lui et lui enlève l'arme qu'il tenait encore dans la main et se rend immédiatement au village prévenir la gendarmerie. I1 retourne ensuite au lieu de l'événement accompagné de la force armée mais leur surprise fut grande de ne plus trouver la trace du prétendu mort.
On se rend immédiatement dans un douar voisin faisant partie de la tribu des Bordgia et après avoir informé le caïd de quoi il s'agissait on lui montra l'arme saisie. Le caïd répondit qu'il reconnaissait parfaitement l'arme comme lui appartenant, ajoutant qu'il l'avait prêtée à un habitant de son douar chargé avec deux autres indigènes de garder son blé sur son aire à battre. Il était dès lors évident que ces trois indigènes au lieu de veiller à la récolte qui leur était confiée ont profité de cette occasion pour se régaler aux dépends d'un roumi.
En effet, on vit revenir peu de temps après deux individus. Interrogés, ils nièrent d'abord avoir participé au vol mais ils finirent par avouer et déclarèrent que leur complice n'était pas même blessé ; qu'il avait fait tout simplement le mort pour éviter un deuxième coup de fusil ou un coup de crosse et qu'il était dans les environs. Son arrestation ne fut pas longue et il a été mis à la disposition de la justice avec ses deux complices.
»

1884

Dans la séance du 10 octobre [du conseil général], M. Baquet, rapporteur de la Commission des travaux publics, donne lecture du rapport n° 48 de M. le Préfet, relatif à des demandes de crédits pour faire face à l’exécution de travaux neufs et de réparations à divers bâtiments départementaux.

M. le Rapporteur donne ensuite lecture des conclusions de la Commission des travaux publics qui sont les suivantes :
Votre Commission vous propose :
[…]
3)-De voter une somme de 700 francs pour l’établissement de gouttières et de trottoirs à la caserne de gendarmerie d’Aïn-Nouissy.
[…]
M. Jacques fait remarquer que sans s’opposer au vote de crédits en principe, il demande qu’il n’y ait pas de décision définitive de la part du Conseil et que le dossier soit renvoyé à la Commission des finances qui examinera si l’inscription du crédit peut être faite.
L’état précaire des finances départementales oblige la Commission à procéder à un classement des demandes de crédits, non seulement par ordre d’urgence mais encore par rang de mérite.
Tout en reconnaissant l’utilité de certaines dépenses, il ne faut pas oublier que les moyens d’y faire face sont très restreints, et ce n’est que par une étude complète et un classement étudié qu’il peut y être donné satisfaction dans la limite du possible.
M. Baquet observe que les dépenses comprises dans les conclusions de la Commission des travaux publics sont de première urgence, et qu’en conséquence, il ne reste qu’à les inscrire au budget ; il ajoute que, malgré la pénurie des finances départementales, il est des dépenses qu’il faut absolument faire.
M. Jacques dit que la Commission des finances n’a pas à s’opposer à une inscription de crédits, mais qu’avant tout il faut savoir s’il sera possible d’y faire face ; c’est dans cet ordre d’idée qu’il demande au Conseil de n’émettre que des votes de principe en les subordonnant au renvoi à la Commission des finances.
M. Bézy déclare qu’il est complètement de l’avis de M. Jacques et qu’avant tout il faut que la Commission des finances soit consultée lorsqu’un vote de crédit est émis en principe par le Conseil.
Le vote est acquis ; il reste simplement à renvoyer à la Commission des finances le soin de lui donner une suite par les voies et moyens possibles.
M. Fauqueux partage l’avis de MM Jacques et Bézy.
M. Monbrun admet le vote de principe, mais est partisan du renvoi à la Commission des finances pour les voies et moyens.
Le Conseil, consulté, prenant en considérations les observations présentées, adopte les conclusions de la Commission des travaux publics et renvoi à la Commission des finances le dossier n° 48 pour les voies et moyens.

Casernement ordinaire des brigades de gendarmerie et entretien des casernes appartenant au département, le conseil adopte sans observation, Aïn-Nouissy : 500 francs.

N° 48 - 2e Bureau.- Bâtiments départementaux.- Travaux neufs et de grosses réparations à effectuer à divers bâtiments.
J’ai l’honneur de déposer sur le bureau du Conseil général, avec un rapport de M. l’Agent voyer en chef, quatre devis de travaux neufs ou de grosses réparations à exécuter à divers bâtiments départementaux, à savoir :
[…]
3)-Etablissement de gouttières et de trottoirs à la caserne de gendarmerie d’Aïn-Nouissy ; dépense prévue, 700 francs.
[…]
Les crédits nécessaires à l’exécution des travaux sus-mentionnés ayant été inscrits au budget rectificatif de l’exercice courant, je prie le Conseil général de vouloir bien approuver, s’il le juge convenable, les devis estimatifs et avant métrés qui en font l’objet.

1886

14 juillet : « La nommée Halima bent Mahieddin, après s'être accouchée clandestinement il y a quelques jours, n'a rien trouvé de mieux pour se débarrasser de son enfant que de le tuer et de l'enterrer dans la tente de son mari, le sieur Abdelkader ben Hamou,  des Ouled Belkheir Beni Yahi (Commune de l’Hillil).
Hier seulement celui-ci a découvert  le crime horrible commis par sa femme et s'est empressé d'en rendre compte  au chef du douar, lequel a immédiatement mis la mère dénaturée en état d'arrestation. Cette sinistre mégère a été mise entre les mains de la gendarmerie d'Aïn-Nouissy ainsi que son mari. Le corps de la pauvre petite victime a aussitôt été transporté dans cette localité.
»

1887

14 mai : « Le sieur Miloud ould Abbou, cultivateur à El Hamssia (commune de Noisy-les-Bains) regagnait son douar à la tombée de la nuit lorsqu'il fut assailli par 4 indigènes avec lesquels il avait eu la veille une altercation. Ses agresseurs, après l'avoir assommé de coups de matraques,  le laissèrent sur place et prirent la fuite. Dans la soirée, des khamès passant sur la route relevèrent Miloud  et le conduisirent à son domicile. La gendarmerie prévenue de cette tentative d'assassinat opérait l'arrestation des 4 malfaiteurs qui furent aussitôt remis entre les mains du Procureur de la République. »

1888

Casernement ordinaire des brigades de gendarmerie et entretien des casernes appartenant au département, le conseil adopte sans observation, pour Noisy-les-Bains : 1 000 francs.

1890

Séance du 15 avril : M. Viviani communique au Conseil le projet de construction d'une caserne de gendarmerie à Noisy-les-Bains (art. 5 du rapport n° 97).

Il soumet également à l'Assemblée le rapport ci-après transcrit de la Commission, dont les conclusions sont adoptées sans discussion :
« Messieurs,
Dans un rapport en date du 15 septembre 1889, M. le Lieutenant commandant l'arrondissement de Mostaganem fait connaître que la caserne de gendarmerie de Noisy-les-Bains est dans un état de délabrement et d'insalubrité tel, qu'il faut songera pourvoir la brigade d'un nouveau bâtiment. Tel est également l'avis manifesté par M. l'Agent voyer en chef dans son rapport du 10 mars 1890. Sur ces données, M. le Préfet vous propose, par son rapport n° 97, de voter une somme de 35,000 francs jugée nécessaire pour l'édification d'une caserne de gendarmerie neuve, l'ancienne ne pouvant être utilisée même en s'imposant le sacrifice de lourdes réparations. M. le
Préfet vous propose, en outre, d'imputer la dépense sur le boni réalisé au 1er avril 1890.
Le projet présenté par la Voirie est complet : l'estimation est de35,000 francs, y compris 2,520fr.36 à valoir. Du reste, votre service de la Voirie a adopté une caserne type ce qui amène l'uniformité de la construction et de la dépense.
Mais si le dossier est complet au point de vue des plans et des devis, il est loin d'en être de même quant au choix de l'emplacement. La municipalité de Noisy-les-Bains, qui a un terrain réunissant les conditions voulues, met certaines exigences à la cession au profit du département, et la question est encore pendante sur ce point.
Quoi qu'il en soit, votre Commission vous propose de voter le projet et le crédit y afférent, celui-ci imputable non sur le boni réalisé, mais sur celui à recouvrer, et de renvoyer toutes les difficultés relatives à l'emplacement, comme aussi la fixation de la date de l'adjudication, à votre Commission départementale. »

Séance du 22 avril : Il conviendrait d'employer le boni actuellement en caisse [sur le budget 1889], soit 339 735, 20 francs, à diverses dépenses reconnues nécessaires et urgentes et dont le détail est donné ci-après :

  • 1° Caserne de Gendarmerie de Nédromah 40 000,00 francs
  • 2° Id.  de Fortassa 35 000,00 francs
  • 3° Id. de Franchetti 35 000,00 francs

La construction de ces trois casernes est toutefois subordonnée à la création des brigades. M. le Général inspecteur Lambert a promis, lors de son récent passage à Oran, de proposer ces créations en première ligne.

  •  4° Caserne de Gendarmerie d'Aïn-Tédelès 35 000,00 francs
  •  5° Id. de Noisy-les-Bains. . . 35 000,00 francs

Ces casernes sont à reconstruire, en raison de l'état exigu et malsain des bâtiments.

1891

Séance du 13 avril : En vertu de la délégation du Conseil général en date du 19 avril 1890, la Commission a fixé au 11 mai 1891 la date de la mise en adjudication des travaux de construction de la caserne de gendarmerie de Noisy-les-Bains.

  • En outre, la Commission a accepté l’échange proposé, sur les bases ci-après, par le Conseil municipal de la commune de Noisy-les-Bains.
  • La commune cède pour l’emplacement de la caserne de gendarmerie, la totalité du boulevard nord, de 30 mètres de largeur en façade sur la route de Mostaganem à Dublineau, et d’une longueur de 50 mètres.
  • D’autre part, le département abandonne à la commune les terrains qui servent actuellement de jardin aux gendarmes de la brigade et les arbres à arracher sur le dit boulevard ; il construira, en outre, à ses frais une geôle dans la cour de la mairie.

Casernement ordinaire des brigades de gendarmerie et entretien des casernes appartenant au département, le conseil adopte sans observation, Noisy-les-Bains : 200 francs.

26 avril : « On écrit de Noisy-les-Bains qu'un individu nommé F. Maillet est descendu de la voiture des Messageries, au moment où elle arrivait dans le village pour relayer, et a aussitôt grossièrement insulté sans motif le gendarme de service qui se trouvait là. Celui-ci a immédiatement  mis le grossier personnage en lieu sûr. Maillet est sans domicile fixe et porte une décoration dont il aura à  justifier la provenance. Le tribunal correctionnel va lui apprendre ce qu'il coûte  de ne pas respecter les agents de la force publique  dans l'exercice de leurs fonctions. »

6 décembre : « Jeudi dernier, le brigadier de gendarmerie, le maire et le garde champêtre se sont rendus à la voiture qui fait le service de Perrégaux à Mostaganem et qui s'arrête devant l’établissement Pain, pour constater l'identité d'un Marocain qui était mort dans la diligence à l a suite d'un violent accès de fièvre.
Le défunt  est un sujet marocain, nommé Djilali  ben Moussa, garde de nuit ; le maire l'a  fait enterrer par les indigènes du village, après avoir accompli les formalités d'usage.
»

1892