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Mardi 13 Septembre 2011

LE SECTEUR DES RESSOURCES EN EAU DANS TOUS SES ÉTATS.

LES DIRECTEURS DE LA DRE ET DE L’ADE DE LA WILAYA DE MOSTAGANEM AU FORUM DE RÉFLEXION

Invités de réflexion, le directeur de la DRE,
Mr Ait Mansour Abdenour et le directeur de l’ADE, Mr. Mahmoudi Abdelkader ont répondu en exclusivité aux questions de la rédaction, liées à la situation du secteur des ressources en eau dans la wilaya de Mostaganem dans le cadre d’un Forum, au siège du journal. Cette invitation est justifiée par le besoin
de clarification suite aux nombreuses réclamations des citoyens ayant trait à la rareté de l’eau dans différentes localités de la wilaya et des problèmes de raccordements, etc...

Après avoir remercier « Réflexion »de leur offrir l’opportunité de pouvoir communiquer avec le citoyen pour lui faire part des importantes évolutions qu’a connues le secteur ; le directeur de la DRE nous explique que le secteur a traversé trois phases dans son évolution :

« ET ON A FAIT DE L’EAU TOUTE CHOSE VIVANTE »
Il faut rappeler qu’il y a une dizaine d’années, l’Algérie a souffert de la pénurie d’eau et de la sécheresse qui y sévissait et donc on a pensé à la solution alternative, celle d’importer de l’eau par bateau à partir de pays étrangers. Cependant cette idée a été abandonnée au profit d’actions d’envergure décidées par le Ministère concerné et par le gouvernement visant à sécuriser l’alimentation en eau potable de tout le pays. De grandes actions ont été entamées, il s’en est suivi beaucoup de réalisations. Mostaganem était alimentée par des ressources en eaux souterraines soit par 120 forages dont le débit global enregistre 62.208m3/jour. Actuellement l’exploitation de ces ressources est en baisse car l’AEP est assurée par ailleurs par le système conventionnel à savoir les barrages. Notre interlocuteur nous explique que jusqu’en 2004, l’alimentation se faisait par le prélèvement d’une quote-part du Gargar en plus des forages puis en 2006, le barrage du Kramis a été mis en service avec une capacité de stockage de 45 HM3/an. 2009-2010 a vu la mise en marche du MAO composé du barrage Cheliff et du barrage du Kerada avec une capacité globale de 70 millions de m3, quantité suffisante pour répondre aux besoin des population le long du passage du MAO c'est-à-dire ; Ain tadless - Mostaganem - Mazagran - Ouréah - Stidia - Hassi Mamèche et jusqu’au Mactaa . La période de 2007 à 2010 peut être considérée comme une transition pour le secteur qui a pu assurer à Mostaganem beaucoup de projets d’AEP. Le secteur a réalisé plus de 120 Km de canalisation pour la seule région du Dahra soit :Achacha, Sidi Ali, Sidi Lakhdar. Ainsi, alimentée à partir du barrage Kramis, la population de cette région reçoit jusqu’à 100litres/jour par habitant et en H24.Selon Mr Ait Mansour Abdenour, 27 millions de m3 sont refoulés au quotidien pour satisfaire 199 douars, reste cependant le raccordement de quelques douars éloignés.

L’objectif que le secteur s’est fixé pour 2012 est celui de bannir le manque d’eau à travers toute la wilaya
« Nous vivons une grande transition dans le secteur, hier nous gérions la pénurie ; actuellement nous devons gérer le surplus, de nouveaux réflexes doivent être acquis pour la gestion de l’eau » souligne le directeur de la DRE. En effet, l’eau, cette source vitale souvent si rare dans l’ensemble du pays enregistrera un surplus dans une très proche perspective à Mostaganem. En effet, La station de dessalement d'eau de mer, située à la plage de «Sonactel» à l'est de la wilaya de Mostaganem sera mise en service incessamment après avoir subi des essais techniques durant le mois de ramadan. La mise en marche effective de la station dans les jours à venir permettra l’exploitation de 200.000m3.
La nouvelle station permettra de mette définitivement un terme au manque d'approvisionnement en eau potable et d’atteindre une distribution H24 en eau potable de tout Mostaganem.
A signaler que cette nouvelle infrastructure qui a coûté environ 70 millions de dollars au Trésor public comporte huit unités de dessalement d'eau de mer, d'une capacité de traitement chacune à 12 500 m3/jour. Ainsi, la mise en service dans les jours à venir de cette station de dessalement semble être d’un grand apport pour les ressources en eau dans la Wilaya de Mostaganem. Cette réalisation permettra d’atteindre l’objectif tracé par l’état ; celui de sécuriser l’alimentation en eau en couvrant tous les besoins en AEP des 700.000 habitants de la wilaya mais aussi et surtout de constituer une réserve stratégique. En effet, l’utilisation des eaux de dessalement permettra de limiter l’exploitation actuelle des 120 forages et d’économiser au moins celles des barrages de Gargar et Cheliff qui seront, entre autres ressources ; des réserves stratégiques estimées à 700 millions de m3/an. Par ailleurs, une partie du surplus d’eau engendré par la mise en service de cette station sera salutaire pour la Wilaya de Mascara, menacée de sécheresse mais ira aussi renforcer l’alimentation en eau de la wilaya d’Oran. Bouguirat qui connait de sérieux problèmes d’eau , actuellement alimentée à raison de 6 à 8 heures par jour, à partir du Gargar sera alimentée en H24 après la mise en service imminente de la station de dessalement. L’autre défi relevé par le secteur a été la réalisation de réservoirs de stockage pour sécuriser l’AEP pendant au moins trois jours en cas de force majeure.Le Gargar dans un proche avenir ne va plus être exploité, il va faire partie des stocks stratégiques de l’ouest algérien car il s’agit de consommer à 100% l’eau du dessalement qui est considérée comme un leasing c'est-à-dire que nous sommes tenus d’acheter cette eau pendant 25 ans. Le Gargar étant désormais considéré comme une réserve stratégique ; La mise en service de la station de dessalement devra créer l’équilibre en permettant de réduire l’exploitation du barrage Kramis et celle du MAO. Cette action permettra non seulement de sécuriser l’AEP mais aussi d’alimenter Mohammedia, Relizane et Oran.

La gestion de l’excès en eau signifie le passage à la rationalisation
Cette rationalisation signifie pour le directeur de l’ADE, notre deuxième invité, la phase de passage aux compteurs qui permettent de facturer la consommation en eau des citoyens. Notre interlocuteur rassure les citoyens en révélant que le compteur est cédé gratuitement par l’ADE. Par ailleurs ; « Si des problèmes de raccordement au réseau d’AEP persistent, ceci est du à l’entêtement de certains P/APC qui refusent de céder la gestion de l’eau à l’ADE » souligne le directeur de cette structure en faisant remarquer que l’absence de contrôle mène aux abus constatés à travers le territoire de la wilaya. Concernant le problème des nombreuses fuites, Le directeur de l’ADE ; explique que les fuites d’eau à Mostaganem sont à 80 % sur des branchements particuliers, réalisés autrefois avec des matériaux qui ne répondent pas aux normes. Selon lui,-La direction des ressources en eau et celle de l’Algérienne des Eaux de Mostaganem ont procédé à la réhabilitation de plus de 7000 branchements particuliers depuis la mise en service du projet du MAO. « L’Algérienne des Eaux a cinq équipes qui sillonnent la ville pour réparer les fuites d’eau, et en moyenne une fuite d’eau déclarée est réparée dans les 48 heures, à ce rythme notre Unité répare plus de 15 fuites par jour dans la ville de Mostaganem seulement » affirme t-il en soulignant qu’un branchement qui connait plus de deux fuites est refait entièrement, dorénavant . Pour le seul mois d’août, l’ADE a procédé à la réparation de 247 fuites qui sont pourtant dues à des branchements de mauvaise qualité, sans traçabilité posés par différents opérateurs. Une opération de réhabilitation des réseaux gérée par l’ADE est inscrite dans le cadre d’un programme national de mise à niveau des réseaux urbains.
A la question relative à la qualité de l’eau consommée par le citoyen qui selon certains a un arrière gout de terre, le directeur est formel. Cette eau est potable à 100%. Le traitement se fait régulièrement .Si l’on prend l’exemple du MAO, le traitement se fait au niveau de la station de Sidi El-Adjel . Une fois arrivée aux réservoirs, une deuxième correction est opérée avant la distribution et donc la qualité de l’eau est assurée à 100%. Le problème a déjà été posé l’année dernière et nous avons répondu à ceux qui s’inquiétaient, qu’à part l’arrière gout de sable qui n’est d’ailleurs pas nuisible à la santé, l’eau est traitée selon les normes de l’OMS. Nous en sommes responsables, persiste à dire le directeur de l’ADE. A ce propos, il souligne que sa structure gère 28 communes de la wilaya depuis son existence à Mostaganem, soit depuis le 18 octobre 2006. Elle assure l’alimentation en eau en H24 pour cet ensemble de communes à l’exception de Touahria, Mansourah et Sidi Belattar. Quant aux quatre communes qui ne sont pas gérées par l’ADE à savoir Fornaka, El hassiane, où cela bloque car des travaux de réseaux et de réhabilitation sont en cours. Pour Saf-Saf et Souaflia, le réseau est entrain d’être réhabilité par la DRE .leur gestion par l’ADE est prévue pour ce 3ième trimestre. L’objectif de l’ADE est celui de gérer les 32 communes au plus tard, le 1er semestre 2012. Il faut signaler au passage que la gestion de l’eau connait de grandes améliorations. Le citoyen paye sa facture ce qui prouve que l’ADE a retrouvé sa crédibilité, cependant cette institution doit créer une police avec dans sa composante, un (une) juriste pour contrôler les gens qui se branchent illégalement.

L’assainissement à Mostaganem accuse d’énormes retards
Si tout va bien en perspective pour L’AEP et les réserves importantes prévues, ce n’est pas le cas pour le volet assainissement qui connait beaucoup de difficultés. Plusieurs stations de traitement des eaux usées ont certes été réalisées mais à chaque fois l’office national de l’assainissement n’a pas été associé à la conception de ses structures, résultat : ces stations ont été jusqu’à une certaine date vouées à l’abandon. Il s’agit des stations de Mesra, Sirat, Bouguirat, Beni Yahi, Fornaka, Ain Nouissy et Hadjadj.
S’agissant de Mesra , les travaux au niveau de la station aérée ont débuté cette semaine, les eaux usées épurées seront destinées à l’irrigation. Pour la station de Bouguirat, le poste de relevage réalisé sans l’avis de l’expert (l’office national de l’assainissement) ; il y a eu débordement et pollution. On vient d’y remédier et la station va bientôt être remise en service. La gestion par l’ONA de la station de Fornaka semble imminente, celle de Ain Nouissy a été réhabilitée. Hadjadj connait un problème d’infiltration, raison pour laquelle des entreprises on été chargées de l’étude géotechnique de cette station. Pour Sirat où il y a eu mort d’homme en 2006, les citoyens refusent de ce fait, la reprise des travaux dans cette localité. Les responsables du secteur réfléchissent à la délocalisation de cette station vers un site qui permettra de prendre en charge l’assainissement des eaux usées de tous les douars environnants malgré les pertes engendrées par cette action de délocalisation de la station. Concernant la grande station d’épuration de Mostaganem-ouest, le dossier a été transféré sur instruction du wali, à Alger, à l’office national de l’assainissement qui va le présenter devant la commission nationale. Là encore on enregistre beaucoup de retard selon l’affirmation des responsables du secteur. Toutes les stations doivent être mises en service en octobre prochain, nous dit-on.

L’agriculture a aussi son quota en eau destiné à l’irrigation
Nos interlocuteurs nous apprennent qu’une opération est inscrite pour 2012 visant à résorber tous les points noirs et raccorder le maximum de stations. Après épuration et traitement, des bassins sont réalisés à partir desquels, les fellahs viendront pomper l’eau pour l’irrigation de leurs terres. 15000m3 /jour sont prévus à cet effet.
Par ailleurs, une réflexion est lancée actuellement par les deux ministères concernés relative à l’éventualité de déployer le barrage du Cheliff pour l’irrigation et sur les quantités d’eau à réserver aux périmètres d’irrigation. En attendant, il existe un forage à Kedadra avec un débit de 10 litres/seconde qui est voué à l’abandon à cause d’un problème de gestion. Les fellahs refusent de s’organiser en association pour le gérer et l’exploiter pour leur agriculture. L’entêtement des fellahs à refuser une gestion collective de ce forage leur fait perdre l’opportunité de jouir gratuitement des services offerts par la DRE pour la mise en exploitation de ce forage à leur unique profit.

ALAA.A

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