Histoire avant 1848
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Vie des Communautés
Centenaire 1914-1918

ANLB
Aïn Nouissy / Noisy-les-Bains
Toute l'histoire d'un village d'Algérie

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L'ARCHEOLOGIE ALGERIENNE EN 1952

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A. ARCHEOLOGIE PUNIQUE. ROMAINE ET CHRETIENNE

Département d'Oran

St-Leu (Portus Magnus).

Les fouilles que dirige Mme VINCENT ont poursuivi le dégagement de la vaste demeure dont l'exploration a commencé depuis plusieurs années. De nouvelles dépendances ont vu le jour et le plan de l'édifice se dessine de jour en jour : il occupe, par des terrasses successives, toute la pente Nord qui, de la crête du plateau. descend ,jusqu'à la partie basse du site. Les thermes que renferme ce vaste ensemble sont dégagés dans leur totalité, et montrent avec précision le système du chauffage et de circulation des eaux, qui étaient recueillies dans plusieurs citernes. Des étuves destinées aux bains de vapeur ont été retrouvées. A proximité de cet ensemble dont les relevés et l'analyse offrent un caractère urgent. un autre édifice a été exhumé du côté de l'Ouest - qui est encore peu définissable.

La trouvaille importante de l'année 1952 est la découverte faite, en suivant le tracé d'un cardo de la ville antique, de l'escalier monumental d'un temple qui était précédé d'un vaste portique.

L'emplacement supposé du forum est à proximité et c'est en dégageant les voies d'accès à la place. que la trouvaille a été faite : plusieurs rangées de marches ont été découvertes. Il est encore trop tôt pour donner une idée de l'ensemble de l'édifice : peut-être un péribole s'étend-il autour du temple en avant de la façade qui était orientée à l'Est. [253]

Aquae Sirenses et  Arbal

Dans la XIIIe Circonscription (Oran). Mme VINCENT a parcouru les sites archéologiques de sa circonscription et a signalé l'état des ruines des Aquae Sirenses, et l'intérêt du site d'Arbal (Regiae) où un cimetière pourrait être exploré.

Lamoricière (Altava)

M. COURTOT a commencé l'exploration du site antique d'Altava sur l'emplacement de l'ancien terrain, dit "du bivouac" récemment acquis par l'Algérie. Les premières recherches ont mis au jour un pressoir à huile assez bien conservé et les vestiges d'une habitation contiguë.

Au cours d'une deuxième campagne un alignement de murs d'une soixantaine de mètres permet d'augurer la découverte d'une rue orientée Nord-Sud et se dirigeant vers l'emplacement du Forum supposé. Celui-ci serait en partie recouvert par les installations d chemin de fer. Les murs bordant la rue qui pourrait être un cardo d'Altava, sinon le cardo Maximus, mesurent 1 m. 50 environ de hauteur.

La prospection de ce site qui a fourni déjà dans le passé un certain nombre de documents épigraphiques vient seulement d'entrer dans une phase méthodique

Tattaman

Dans la XIVe Circonscription (Lamoricière), M. COURTOT a eu connaissance (le deux milliaires découverts à Tattaman, entre Tabia et Descartes, près de la voie ferrée Oran-Maroc, à une vingtaine de kilomètres de Lamoricière (Altava). II s'agit d'un milliaire de Macrin, érigé par le procurateur T. Aelius Decrianus, à VII milles d'une station qui est peut-être Kaputtasaccorae.

Damous

Dans la XVe Circonscription (Tlemcen), M. JANIER signale la découverte dans les ruines de Damous (Atlas, f° 30, n° 11) de deux pierres funéraires dont l'une a été recueillie chez M. GUILLOT et l'autre est demeurée sur place. La première est une épitaphe. La seconde est l'épitaphe d'Antistia Soror. décédée en 370 de la province : 409 ap. J.-C.

Marnia

De Marnia provient l'épitaphe de Caecilia Saturnina. àgée de 22 ans, gravée par son mari Apronius Peregrinus.

Honaïn

Deux pierres tombales israélites ont été découvertes par M. HAULT, garde forestier à Honaïn. L'une d'elles, un fragment, a été déposée au Musée de Tlemcen. l'autre est demeurée sur place et rejoindra la première. Ces documents marquent vraisemblablement l'emplacement du cimetière israélite d'Honaïn.

Waldeck-Rousseau

Dans la XVIe Circonscription (Tiaret), M. CADENAT, a recueilli à Waldeck-Rousseau une fenestella confessionis qui est entrée au Musée d'Oran.

Aïoun Sbiba

Deux fragments d'une inscription à Septime-Sévère ont été découverts à Aioun Sbiba, près de Frenda. [254]

Kherba des Aouissat

Deux textes épigraphiques ont été trouvés à la Kherba des Aouissat (Atlas arch., f. 22,  127, add.) ; l'un d'eux porte une date : 346 ap. J.-C..

Ouekki

Une épitaphe daté de 344 ap. J.-C. est venue au jour au lieu dit Ouekki (Atlas arch., f° 22, n° 119) dans la Commune Mixte de Tiaret.

Djedars

Les Djeddars, en particulier ceux de Ternaten, auraient besoin d'une surveillance particulière pour les protéger des dégradations dont ils sont les victimes.

Fornaka

Dans la XVIIIe Circonscription (Mostaganem), M. Le Du a recueilli par les soins de M. le Maire de Fornaka deux monnaies en bronze de Faustine et de Commode. (161-192 après JC.)

Département d'Alger

Cherchel (Caesarea).

M. GAZAGNE, Directeur des fouilles, a poursuivi l'exploration des ruines enfouies dans le sol du Parc Bocquet. Il s'agit de vestiges d'habitations qui ont eu un caractère assez luxueux : seuils en marbre, bases de colonnes. fragments de mosaïques géométriques. L'ensemble présente une certaine ordonnance régulière, mais les fouilles ne peuvent être menées qu'avec le souci de ne pas porter atteinte à la végétation. Des vestiges de murs en pierres de taille dénotent aussi l'existence d'édifices importants. Mais si l'on a découvert quelques objets usuels. on retire de ce chantier l'impression que le sol a déjà été fouillé et visité.

Des travaux menés à l'amphithéâtre ont amélioré la présentation du monument : des voûtes ont été dégagées dans la partie Nord-Ouest. Une étude détaillée du monument est en cours.

La porte secondaire Est des remparts de la ville a été entièrement dégagée. Des sondages y avaient été entrepris seulement en 1942.

Divers travaux d'entretien ont été accomplis dans les Thermes Ouest et au Théâtre.

Novi (alentours de)

Dans la 1ère Circonscription (Cherchel), à 4 kilomètres au Sud de Novi et à 1 kilomètre à l'Est de la piste forestière, des vestiges ont été découverts à l'emplacement où l'an dernier avait été exhumée une statue de Priape et un pilastre en marbre sculpté sur ses quatre faces : il s'agit d'un petit temple orné de six colonnes.

Ichérène

A 11 kilomètres au Sud de Novi, au lieu dit Icherène, ont été visitées des ruines importantes d'environ 600 mètres de longueur sur 300 mètres de large.

Cherchel (près de)

Auprès de Cherchel, à 400 mètres à l'Ouest de la porte sud, une petite nécropole a livré du mobilier funéraire comportant  des poteries. des lampes et des monnaies. [255]

Cherchel, recherches sous-marines

Quelques reconnaissances sous-marines ont été effectuées à Cherchel au cours de 1952 avec la collaboration du Capitaine DE TONNAC. Elles ont été souvent contrariées par le mauvais état de la mer. Plusieurs colonnes englouties ont été repérées.

Tipasa.

Le Colonel BARADEZ, Directeur des fouilles, a mené de front deux chantiers principaux : 1° La fouille de la nécropole de Sainte Salsa ; 2° La fouille de l'amphithéâtre dans le Parc Trémaux.

1° Le secteur du rempart qui s'étend de la porte orientale à la mer a été entièrement exploré, dégageant les faces interne et externe du mur d'enceinte, en révélant sa structure précise, et ses dépendances : tour carrée et escaliers d'accès. C'est désormais 1e secteur le mieux dégagé et le mieux conservé de tout l'ensemble des remparts de Tipasa.

La fouille de la nécropole dite de Sainte Salsa s'est poursuivie dans deux secteurs principaux, livrant au total, au cours de ces dernières années, plus de 1.250 tombes.

Dans la zone contiguë au rempart, quelques tombes en jarres ont été retrouvées, ainsi que des sarcophages amoncelés dans les parages de la nouvelle église de Pierre et Paul. La chronologie de ces tombes groupées ici dans une ancienne petite carrière antique est à tenter.

Au Nord de la grande carrière, autour de l'enclos fouillé en 1951, plus de 250 tombes, groupées sur une surface de 20 mètres de largeur, sur 45 mètres de longueur, ont été retrouvées, qui paraissent appartenir à des époques différentes - peut-être quatre. Dans le nombre, des tombes païennes ont été exhumées qui ont livré un mobilier funéraire intéressant et des monnaies.

La présence de tombes païennes antérieures à la nécropole chrétienne sur la colline de Sainte Salsa a été signalée dès le début des fouilles, il y a vingt ans. Avec l'extension des recherches il sera peut-être possible un ,jour de tenter d'établir, au moins en ce qui concerne les tombes païennes, une chronologie de leur répartition.

2° Dans le parc Trémaux les efforts du chantier ont essentiellement porté sur le dégagement de l'Amphithéâtre.

9.000 mètres cubes de terre ont été enlevés avec des camions, et l'intérieur du monument a été dégagé sur les 7/8 de sa superficie. L'épaisseur des terres évacuées représente une moyenne de 3 m. 50.

Les deux portes de l'axe Est-Ouest, la porte Ouest de 3 m. 50 de largeur, la porte Est de 3 mètres de largeur ont été dégagées.. Six petites portes de 1 mètre de largeur environ ont été retrouvées dans le pourtour de l'arène : deux aux extrémités du petit axe, les deux autres symétriquement [256] disposées de part et d' autre des portes des grands et petits axes.

Devant la porte axiale Nord une belle balustrade en pierre, semble provenir d'une tribune qui la surmontait. L'arène, qui n'est pas encore entièrement dégagée, formait une ellipse de 57 mètres de longueur sur 37 mètres de largeur. Il reste  à enlever une butte de terre autour de deux grands arbres, le plan incliné qui a servi à évacuer les terres et enfin, dans la partie Nord-Est de l'édifice, une butte de terre demeurée contre le podium, et destinée à servir de contrefort aux voûtes qui supportaient les gradins. dans un secteur qui a besoin d'être traité avec précaution. Le dégagement total du monument ne pourra être obtenu que par l'extension des fouilles vers le Sud, sur un espace d'ailleurs limité. qui est en dehors de la propriété acquise par l'Etat.

Certains détails caractéristiques sont à noter dans la construction : notamment de nombreux emplois de caissons funéraires, certains d'ailleurs ornés d'inscriptions, et qui militent en faveur de réfections faites à assez basse époque.

Il est encore trop tôt pour donner du monument une physionomie exacte. Tel qu'il est dès maintenant, et en attendant la poursuite des fouilles qui sont en cours, il apporte au site de Tipasa un puissant élément d'intérêt. et ajoute au caractéristique de cet ensemble déjà si évocateur.

Plusieurs textes épigraphiques ont été découverts au cours des travaux de l'amphithéâtre. Ils étaient pour la plupart utilisés lors des réfections ou des transformations du monument. Parmi eux, figurent l'épitaphe d'un cavalier d'une aile d'archers syriens, venue en renfort en Afrique vers 150 de notre ère, et une dédicace offerte à un personnage important de Tipasa par son père.

Les travaux de construction du nouveau Musée de Tipasa et de ses dépendances ont été achevés au cours de l'été.

Bérard

Dans la IIe Circonscription (Tipasa), à Bérard, au Nord-Est du cimetière moderne, le Colonel BARADEZ a reconnu une construction carrée de 32 mètres environ de côté qui présente un certain nombre de murs intérieurs, délimitant 16 petits bassins carrés de 4 m. X 4 m. bordés au Sud par un portique de 16 m de longueur. Il serait intéressant de dégager ce petit ensemble pour l'identifier.

Masqueray (Rapidum).

M. LEGLAY, a mis à profit un séjour à Rapidum pour poursuivre l'exploration du camp d'Hadrien au Sud du praetorium découvert au cours des années précédentes et dans le secteur voisin de la porte Sud du camp. Un édifice de 27 mètres de large sur 19 m. 50 a été dégagé [257] qui a recouvert un édifice antérieur de 7 m 20 sur 4 m 30, aux murs de 1 mètre à 1 m. 50. Une monnaie d'argent de Vespasien a été découverte au niveau des fondations. Il y a là superposition de deux édifices. Par une porte de 1 m 60 au seuil en place on accède à une cour entourée de sept pièces, au Nord et à l'Ouest. Une sorte de support d'autel en briques a été découvert dans une salle à l'ouest, vu face de l'entrée de la cour. De petits thermes de dimensions restreintes occupent la partie Sud de cet ensemble : leur entrée est à l'Ouest, ils se composent d'une salle de 5 m. 70 ornée d'une piscine en abside de 2 mètres de largeur, pavée en béton, avec trois marches. Des latrines et quatre pièces de distensions variables complètent cet ensemble. On peut supposer qu'on aurait là la maison du commandant du camp.

Tigzirt Iomnium.

M. EUZENNAT, membre de l'École de Rome, a poursuivi sur le site de Tigzirt les fouilles menées depuis plusieurs années par trois de ses devanciers. Favorisé, lui-même. par des moyens que ceux-ci n'avaient pas eu à leur disposition, il a dégagé l'espace qui s'étend devant le petit temple du Génie de Rusuccuru, ce qui permet de mieux suivre le niveau romain, formé par un dallage en bon état et, peut-être. un cardo - et de reconnaître aussi l'aspect de ce qui a sans doute été, très postérieurement, une forteresse byzantine. De nombreux éléments chrétiens ont été retrouvés dans celle-ci - mais le document le plus intéressant est une inscription d'Antonin, révélant le caractère militaire de l'installation romaine du IIe siècle.

Département de Constantine

Hippone (Hippo Regius).

L'activité de M. Erwan MAREC, Directeur des fouilles d'Hippone, s'est portée sur six points principaux que voici

- Quartier du Forum. Le long du grand decumanus, en face du secteur dégagé en 1951, les fouilles ont mis au jour, sur une longueur de plus de 20 mètres, deux rues, parallèles au grand cardo, distantes l'une de l'autre de 25 m 50, larges d'environ 6 mètres et sur lesquelles donnaient des constructions à rez-de-chaussée à usage commercial, mais dont les étages effondrés on livré des fragments de pavements de mosaïques ornementales.

Au Forum lui-même, les rares colonnes cannelées retrouvées sur place et qui ont échappé au pillage effectué au IXe siècle en vue de la construction de la grande mosquée de Bône, ont été relevées, soulignant ainsi la superficie de ce Forum le plus vaste de l'Algérie. [258]

2° Les grands Thermes. La fouille de l'immense ensemble des grands Thermes s'est poursuivie à l'Ouest et au Sud du Frigidarium, par la découverte d'une nouvelle salle chaude.

L'intérêt principal de la recherche a résidé dans l'exploration du couloir de service souterrain qui devait encadrer l'ensemble des Thermes. Retrouvé sur près de 40 mètres de longueur, ce couloir, admirablement conservé sur une grande partie de son parcours, permettra de se faire une idée exacte de la vaste superficie couverte par les parties chauffées du monument.

Le quartier chrétien. La fouille du vaste édifice chrétien. aux multiples sépultures couvertes d'épitaphes sur mosaïques, a été menée en profondeur. Elle a révélé la présence, dans le sous-sol. d'aménagements antérieurs, vraisemblablement des citernes, mais qui avaient servi de caveaux funéraires. En vue de présenter, dans le collatéral de gauche, les épitaphes sur mosaïques, soigneusement relevées avant la fouille, un sol bétonné a été établi, sur lequel on s'efforcera de restituer l'état d'une partie du sol de l'édifice chrétien. L'oeuvre est actuellement suspendue et soumise à la présence de l'équipe des mosaïstes.

De part et d'autre de l'église, les fouilles ont révélé la présence d'édifices complexes, dont l'ensemble ne pourra être étudié :que la fouille une fois achevée. De belles mosaïques ornementales et décoratives, notamment des médaillons à têtes d'animaux vigoureusement traités, ont été mises au ,jour. Une nouvelle rue découverte dans ce secteur ajoute une précision appréciable à la topographie d'Hippone.

4° Le quartier Chevillot. Le long de l'ancien Musée lapidaire, et en partir d'ailleurs sur son emplacement, un mur de clôture a été construit le long de la voie surélevée par les Ponts et Chaussées. On a mis l'occasion à profit pour dégager en sous-œuvre la partie des villas superficiellement connues, qui constituaient en ce point le front de mer d'Hippone. Parmi les trouvailles intéressantes, on a pu constater qu'une de ces villas donnant sur la mer, avait. parallèlement au rivage, une longue et étroite galerie, large de 4 mètres, longue de 36 m. 60. se terminant à chaque extrémité par une abside. On y a découvert un fragment inédit de la mosaïque de la pêche qui vient compléter un ensemble déjà déposé au Musée.

5° A l'occasion d'importants travaux ferroviaires exécuté, à l'extrémité du Gharf el Artran, l'intérêt s'est porté sur la partie de la colline qui est opposée à la ville d'Hippone. Des fragments de thermes, dégagés l'an dernier. ont révélé qu'il s'agissait des vestiges, relativement  bien conservés,d'une villa à étages, édifiée à flanc de coteau, et qui [259] conserve avec ses citernes, ses salles superposées, ses escaliers, une partie de sa décoration : chapiteaux, bases, colonnes de marbre et surtout. des pavements de mosaïque remarquables, parmi lesquels éclate dans un état de conservation et de fraîcheur extraordinaire un cortège marin composé de quatre Néréides, belle oeuvre d'art jadis entrevue et que l'on croyait perdue.

6°. Au Sud-Ouest du Gharf et Artran, des sondages ont été faits dans l'ancienne propriété Dufour, qui ont remis au jour la mosaïque du Minotaure découverte jadis et réenfouie depuis. Cette mosaïque de 7 m. 50 X 6 m. 30 orne une salle précédée de deux autres salles ornées de mosaïques, avec deux piscines dont une dallée de marbre. Plus près de la colline. les vestiges considérables d'édifices très importants ont été entrevus qui seront explorés plus tard.

Dans l'ensemble, bien que dispersée, en apparence,l'activité du chantier a été guidée par le souci de veiller à la protection immédiate des vestiges découverts au cours de travaux de chantiers extérieurs et de procéder à des repérages de monuments auxquels seront consacrées les fouilles futures.

Les résultats ont été extrêmement riches, et permettent de fonder de grands espoirs sur l'avenir du chantier d'Hippone.

VIe Circonscription (Bône)

Dans la VIe Circonscription (Bône), un certain nombre de documents ont été recueillis par M. MAREC :

Blandan (près de)

à 8 kms au N.-W. de Blandan, la borne de délimitation entre la colonie de Thabraca et le Municipe d'Hippo Regius;

Herbillon

A Herbillon : une stèle funéraire et la base d'une statue de Julia Mammaea et à Sévère Alexandre.

Paratianis et Muharur

Une visite aux ruines de Paratianis et de Muharur (baie de Sidi Akkache)  a permis de vérifier l'état de conservation de vestiges ruinés dont la disparition se poursuit lentement, car ces régions, en été, sont plus fréquentées que par le passé. Rien de saillant n'est à signaler.

Bastion de France

Les ruines dit Bastion de France, près de La Calle, classées parmi les Monuments Historiques, mériteraient d'être protégées et préservées d'une totale disparition.

Djemila(Cuicul).

Mlle Y. Allais, Directrice des fouilles, a terminé au cours de 1952 la fouille du pâté de maisons compris entre deux "carlines" et deux " decumani"  du quartier Est. L'ensemble offre un plan plus régulier qu'on ne s'y attendait en raison de la configuration du terrain, et le quadrillage du quartier apparaît, surtout en ce qui concerne les artères N.-S., très régulièrement tracées. L'ensemble comporterait en somme quatre rues parallèles N.-S. Ces rues, sauf remaniement postérieur, comportent des égouts, un dallage et parfois un portique simple qui a pu être en partie restitué. Une découverte [260] notable est celle, déjà signalée en 1951, d'un assez long secteur des vestiges du rempart de la colonie primitive : on l'a dégagé sur près de 150 mètres de longueur ; mais sur 90 mètres environ, il est assez bien conservé, par la suite il n'offre plus que des vestiges en partie détruits par des habitations qui se sont appuyées sur lui - et à qui il a servi de mur de soutènement. On a cependant retrouvé une partie de la rue qui longeait l'intérieur du rempart et sur laquelle aboutissaient les cardines. Une voie qui suivait le rempart à l'extérieur et qui file droit vers l'Est est probablement le départ de la route qui se dirigeait vers Cirta.

Un chantier ouvert récemment à l'intérieur de la porte Sud, le long du grand Cardo, à gauche en descendant, et qui n'est qu'à ses débuts, a révélé l'intérêt que présente ce quartier, en raison du degré d'enfouissement des édifices exhumés. Une boulangerie, relativement bien conservée a été mise au jour, ainsi que l'amorce de voies nouvelles. notamment un petit decumanus se dirigeant vers l'Ouest. Il ressort des remarques faites sur les fouilles récentes, que, comme il était à prévoir, l'extension de Cuicul, même dans la partie qui forme le noyau primitif de la. colonie de Nerva, était plus considérable que les recherches primitives ne le laissaient entrevoir. Il y a là certains aperçus nouveaux à dégager sur l'évolution de la cité car on a retrouvé des traces soit d'habitations, soit de sépultures, qui prouvent une durée d'occupation plus longue dates cette partie de la ville, qu'il n'a été dit jusqu'ici.

Mopt...

Dans la IXe Circonscription (Djemila), Mlle ALLAIS signale l'intérêt qu'il y aurait à procéder à Mopt... à quelques travaux de remise en ordre du chantier du Grand Temple. Des parties de l'édifice menacent ruine et il y aurait quelques dispositions à prendre pour empêcher des dégâts importants.

Khamissa (Thubursicum Numidarum).

M. G. SASSY, en raison de la relative modicité des crédits alloués, a surtout assuré de l'entretien de Khamissa, dans une ruine de vastes dimensions où les monuments exhumés sont dispersés. Cependant il a poursuivi pendant quelques semaines des fouilles dans un édifice situé au-dessus du nouveau Forum et dont l'ensemble, complexe et intéressant. nécessiterait l'emploi de moyens importants en hommes et en matériel pour être exhumé entièrement. `

La trouvaille notable du chantier est celle d'un fragment de jambe droite d'une statue plus grande que nature qui faisait vraisemblablement pendant au Lucius Verus découvert de l'autre côté du Forum Novum. Sans doute s'agit-il d'un élément de la statue de Marc-Aurèle qui avait été dressée sur le Forum, en face du Lucius Verus. [261]

Madaure

Des travaux d'entretien ont également été assurés à Madaure.

Héliopolis

Dans la IIIe Circonscription (Guelma), le Docteur JOUANE a poursuivi l'aménagement des alentours de la piscine romaine d'Hammam Berda à Héliopolis. Un fossé protecteur a été creusé et bétonné. un mur moderne en maçonnerie a été démoli dégageant les abords de la piscine, vers l'Ouest.

Announa

Une piste reliant la route nationale n° 20 aux ruines d'Announa a été construite par la commune de Clauzel. Un pont en maçonnerie construit sur un oued a été malheureusement emporté à la suite des graves intempéries de l'hiver 1952.

Aïn Nechma

Toutes les stèles puniques trouvées en surface à Aïn Nechma ont été recueillies et déposées au Musée de Guelma.

Thamugadi - Lambèse - Zana.

La direction des fouilles de ces trois chantiers est confiée à M. GODET. Voici les résultats lui les concernent

1° Timgad (Thamugadi).

 Pratiquement. depuis deux ans, les travaux de fouilles sont suspendus à Timgad - et c'est regrettable. M. GODET a pu simplement procéder à quelques sondages et vérifications autour et à l'intérieur du fort byzantin pour préciser certains détails de structure des édifices sous-jacents à la forteresse de Justinien, et chercher à résoudre le problème de l'adduction des eaux dans l'antiquité - dans les installations hydrauliques mises au jour par les fouilles. Ces sondages ont provoqué une série de découvertes : deux jolies têtes féminines en marbre, des fragments d'inscriptions, quelques éléments d'architecture. Cependant, en raison de l'extension du site, les travaux d'entretien entraînent chaque année des dépenses qui se montent à environ 1.200 journées de travail. Bien entendu, dans la mesure du possible on répare chaque année les menus dégâts causés par les intempéries, travaux indispensables pour la bonne présentation de l'ensemble.

2° Lambèse (Lambaesis).

L'activité du chantier s'est exercée autour du camp de 81, dont l'achat par l'État est en cours mais dont le dégagement n'a pu encore être entrepris, surtout le long de l'Esplanade du Temple d'Esculape, dans un secteur fouillé jadis par les Monuments Historiques et qu'il faut entièrement reprendre. Il a été découvert, en profondeur, un portique qui abordait l'Esplanade au Sud et qui donnait accès aux thermes explorés en 1951. Une série de salles voûtées, salles de services des thermes, ont été dégagées - où l'on a retrouvé quelques inscriptions. Une fouille exécuté.,,, à proximité du Forum, au Sud des thermes dits des chasseurs, a livré plusieurs fragments de statues et plusieurs inscriptions [262]  du plus haut intérêt. Le chantier de la ville de Lambèse serait à l'heure actuelle des plus riches en résultats archéologiques si son champ d'action. en dépit des achats prévus, n'était rendu incommode par l'étroitesse des terrains et la mauvaise disposition des lieux, peu propices à l'évacuation des terres de déblais.

3° Zana (Diana Veteranorum),

Depuis un an, M. GODET. après avoir procédé au nettoyage de l'area du Forum et remis en place les textes épigraphiques épars, a procédé pendant un mois. grâce au concours d'un chantier de la Commune Mixte du Bélezma, au désherbage du centre des ruines, et à l'aménagement d'une piste d'accès. Des sondages ont été effectués dans le grand fort byzantin. Ce fort mesure 60 mètres du Nord au Sud et 58 mètres d'Est en Ouest. Les murs de 2 m. 20 et 2 m. 30 d'épaisseur sont conservés en certains points jusqu'à plus de 4 mètres de hauteur. Le fort était muni de deux portes à l'Est et à l'Ouest. Elles ont été fouillées toutes les deux. La porte Est mesurait 2 m. 10 de large à l'intérieur et 1 m. 50 à l'extérieur. Elle comportait. semble-t-il, un seul battant. La porte Ouest, qui a été murée dans l'antiquité. conserve son linteau. Elle mesure 1 m. 67 de largeur et 2 m. 72 de hauteur. Ces deux portes se faisaient vis-à-vis. Une tour d'angle a été fouillée au N.-O. Profonde de 5 mètres à l'heure actuelle elle mesure intérieurement 4 m. 40 du Nord au Sud et 4 m. 18 de l'Est à l'Ouest Une porte y donnait accès de l'intérieur du Fort. Elle mesure 0 m. 93 de largeur et 2 mètres de hauteur.

Ce monument byzantin bien conservé mériterait d'être fouillé dans sa totalité. La statue d'un lion, en calcaire blanc. brisée en deux morceaux et mutilée, qui mesure 1 m. 60 de longueur. 0 m. 73 de hauteur et, 0 m 45 de largeur a été découverte à l'extérieur de la porte Ouest. Peut-être faisait-elle pendant à une autre statue du même genre qui décorait l'extérieur de la porte ?

Tiddis (Castellum Tidditanorum).

M. BERTHIER a poursuivi auprès de la porte Est. aujourd'hui reconstituée, les fouilles de trois grottes qui ont, à des époques diverses, servi de sépultures : uni grand ossuaire a été mis au jour qui renfermait 36 crânes et de nombreuses poteries. Ce secteur à l'extérieur du rempart d'époque romaine pose des problèmes de chronologie.

La fouille du quartier des potiers est toujours en cours. Son extension parait considérable car de nouvelles installations s'étendent vers le Sud. qui sont en cours de dégagement. Une fouille a été entreprise au voisinage de l'endroit ou a été découvert l'autel dédié à Vesta. Un vaste édifice est en voie [263] de dégagement : il mesure 30 mètres sur 6 mètres et renferme de nombreux fragments de colonnes. Son identification est encore hypothétique.

Constantine (Cirta) VIIe Circonscription.

El Hofra

M. BERTHIER a poursuivi en compagnie de M. l'Abbé CHARLIER l'exploration du site d'El Hofra : selon certains indices découverts au cours de cette année, traces de rigoles rectilignes avec débris d'unguentaria et de poteries, on pourrait supposer que le sommet de la colline qui porte le jardin de l'Hôtel Transatlantique pourrait révéler des indices intéressants à rapprocher de la découverte des favissae où avaient été enfouies les centaines de stèles puniques découvertes récemment.

Quelques sépultures anciennes, avec du mobilier funéraire. ont été découvertes dans le quartier de Mansourah, ou un fragment de stèle punique anépigraphe est revenu au ,jour. Près de la caserne du Bardo des cuves de potiers ont été découvertes, et une mosaïque a été repérée. Le monument romain de la place de la Brèche, découvert en 1935 et qui était pratiquement invisible depuis cette époque bien qu'il ait été protégé par une intervention de la Direction des Antiquités, a été présenté d'une façon ingénieuse et intéressante. Il est un des meilleurs vestiges conservés à Constantine de l'époque romaine.

Tébessa (Theveste).

M. SERÉE DE Roch a mis en ordre, dans l'enceinte de la Basilique chrétienne. les murs, le dallage, l'abside de la chapelle de Gabinilla. Parmi les tombes nouvelles que les sondages ont permis de visiter, un caisson de pierre blanche avec couvercle à emboîtement a livré avec les ossements d'un homme un très beau vase en verre. Un sarcophage triplement scellé au plomb a été mis au jour. Un sondage dans le baptistère de la Basilique, jadis fouillé, mais insuffisamment, a révélé l'existence au fond de la cuve baptismale d'une belle plaque en marbre circulaire. ornée de douze lobes en creux. Soigneusement consolidée, et conservée en place, cette trouvaille rehausse d'une façon remarquable le caractère du baptistère qui était peu en rapport jusqu'ici avec la 'beauté de l'édifice.

Un sondage profond mené sous le maître-autel de la Basilique a permis d'entrevoir l'existence d'une crypte à une douzaine de mètres de profondeur, qui aurait été soigneusement bouchée lors de la construction de l'édifice chrétien, mais qui ne serait sans doute pas sans rapport avec les galeries souterraines dégagées autour de la Basilique et qui, elles aussi, avaient été comblées. Ces éléments de catacombes seraient antérieurs à l'ensemble de la Basilique et, pour des raisons de sécurité. ont dû être entièrement comblées lors de la construction du monument. [264]

B. ARCHEOLOGIE MUSULMANE

Sedrata

Dans le domaine de l'archéologie musulmane. Mlle VAN BERCHEM a fait transporter et déposer à Alger les éléments du décor de la maison ibadite fouillée à Sedrata (près de Ouargla). Ce décor en stuc ouvragé des Xe-XIe s. de notre ère, est en cours de restitution et d'étude.

A la Kalaa des Beni-Hammad, près de Msila, les recherches de M. GOLVIN ont été poursuivies en juin 1952 : les vestiges du Palais découvert l'an dernier ont été mis au jour d'une façon plus étendue et plus précise. Il est possible de se faire une idée, dès maintenant, de l'étendue et du caractère de cet édifice que l'on croit pouvoir identifier à celui du Palais du Salut. Des détails d'architecture permettent de dresser un plan général du monument.

De nombreux fragments de céramique et de verrerie ont été retrouvés, ainsi que des lampes. des bijoux et quelques monnaies.

Les résultats obtenus après des campagnes de fouilles relativement brèves montrent l'intérêt qu'offre la continuation de ces recherches. suites lointaines des fouilles du général de Beylié en 1908 - mais dont les résultats, à l'époque, profitèrent relativement peu à l'Algérie, puisque les trouvailles furent dispersées pour la plupart en dehors des collections algériennes. La question de la protection de ces vestiges qui ont été classés dans leur ensemble est également à résoudre.

C. MUSÉES ARCHÉOLOGIQUES ET MUSÉES COMMUNAUX

dont les collections appartiennent à l'État.

Oran : L'installation des objets sortis des fouilles de St-Leu et déposés jusqu'ici à l'école de St-Leu est en cours au Musée d'Oran.

Tipasa : Un Musée neuf a été construit. Une salle est destinée aux collections antiques. Elle pourra être remplie avec facilité par les objets contenus dans le petit dépôt actuel, et ceux qui ont été recueillis depuis trois ans environ et qui étaient provisoirement à Alger.

Aumale : M. LEGLAY, au cours d'un bref' séjour, a procédé, à l'inventaire du Musée lapidaire, et a guidé son installation dans le jardin de la nouvelle Sous-Préfecture. Ces inscriptions [265] sorties pour la plupart du sol de la colonie d' Auzia, ont un intérêt historique et méritent d'être protégées.

Bône : Deux mosaïques nouvelles ont été posées sur les murs du Musée : la mosaïque de la tête d'Oceanus, et la mosaïque des amours Vendangeurs. On doit regretter pour celle-ci que la belle; bordure en marbre qui l'encadrait sur trois côtés n'ait pas pu trouver place autour d'elle. Dans la salle du 1er étage, outre quatre vitrines plates déjà placées, quatre grandes vitrines murales ont été disposées pour recueillir les nombreux objets si variés qui sortent (les fouilles. Le nombre des monnaies recueillies jusqu'ici et qui sont identifiables justifiera avant longtemps la création d'un médaillier. L'aménagement de la cour du Musée est encore à l'état de projet - mais le nombre des mosaïques découvertes cette année nécessitera sous peu de nouveaux aménagements pour assurer leur mise à l'abri,.

Timgad : L'achèvement du Musée demeure subordonné à l'établissement du pavement des trois grands salons. Dans l'aile Nord l'installation des nouvelles vitrines est en cours. L'aile Sud, débarrassée des anciennes vitrines, est prête à recevoir la statuaire qui doit y prendre place. Il restera ensuite à disposer sous les portiques les principaux textes épigraphiques. Il reste peu de chose à faire pour que les trois quarts du Musée soient installés définitivement.

Djemila : Les travaux de réfection des coupoles vitrées ont assuré une certaine étanchéité de la toiture, mais quelques précautions sont encore à prendre pour protéger les murs, revêtus de mosaïques, d'infiltrations inquiétantes. Le Musée s'est enrichi de divers fragments d'architecture, colonnes et chapiteaux corinthiens découverts dans les dernières fouilles.

Philippeville : Les travaux du marché de gros ont modifié considérablement l'aspect extérieur du Musée, dont le délabrement intérieur est toujours le même.

Guelma : Le Docteur JOUANE a poursuivi l'aménagement méthodique des nouvelles salles du Musée. Les statues du Jardin public qui souffraient des intempéries ont été mises à l'abri dans ces nouveaux locaux où ont été déposés également les objets d'Hammam Meskoutine, d'Announa et d'Aïn Nechma. Une belle reconstitution a été faite de l'autel des Antistii provenant d'Announa, qui est présenté dans son cadre, avec son socle, son entourage et ses colonnes.

Deux petites salles, couvertes d'une verrière, seront aménagées cette année : l'une d'elles recevra le médaillier. [266]

Musée Gustave Mercier (Constantine) : grâce à une meilleure répartition de nouveaux aménagements des mosaïques qui ornent désormais tout un couloir du Musée, une salle entière a pu être consacrée aux fouilles du Castellum Tidditanorum. Elle est en cours d'aménagement et son intérêt grandit avec le développement des recherches, notamment en ce qui concerne la céramique. Les plus remarquables des stèles découvertes à El Hofra ont trouvé place dans la salle des Antiquités puniques. Divers textes épigraphiques ont été disposés dans le jardin du Musée.

Sétif : La mise en ordre des collections lapidaires dit Jardin d'Orléans a été poursuivie par les soins de M. GUINET, Conservateur du Musée. Les derniers documents entrés l'an dernier dans le Musée ont été placés sur des socles et disposés d'une façon très convenable, mais la protection de ces collections ne pourra être assurée que si une clôture protège le jardin du côté du Nord.

El Kantara : M. LABORDE, Conservateur du Musée, Administrateur de la Commune mixte d'Ain Touta, signale que le Musée G. de Vulpillières va s'enrichir d'une série de pierres épigraphiques trouvées dans la région, mais qui faute de place n'ont pu encore y être déposées. Le problème de l'extension du Musée est associé à celui de sa consolidation.

Souk-Ahras : M. GUIRAMAND, Administrateur de la Commune Mixte, Conservateur du Musée, a pu, avec l'aide de la Société Archéologique de Souk-Ahras, faire transférer les collections, placées dans la crypte de l'Église, dans un local de la Commune Mixte,. spacieux et d'un accès facile En outre, un Musée lapidaire a été créé.

D. MISSIONS ET TRAVAUX

Quatre Membres de l'École de Rome ont eu, grâce à des bourses archéologiques et à des crédits de Missions du Gouvernement Général de l'Algérie. la possibilité de venir accomplir des recherches en Algérie.

Mlle COLOZIER a entrepris la rédaction d'un supplément au catalogue de la statuaire du Musée de Cherchel, en étudiant les monuments qui, sortis de terre récemment. ou même demeurés inédits. n'avaient pas encore fait l'objet d'une étude particulière.

Mlle DOISY avait été chargée, à Timgad et dans la région, d'une  enquête épigraphique qu'elle dut interrompre malheureusement pour cause de maladie. Elle avait eu le temps [267] cependant de recueillir au Belezma et aux environs de Timgad des documents qui seront publiés incessamment.

M. BOUCHER a entrepris, en collaboration avec M. SEREE de ROCH, au cours de deux missions dont la première à dû être écourtée à cause du Ramadan, l'exploration du site de Tébessa-Khalia, aux portes de Tébessa, vers l'Ouest. Le but poursuivi a tout d'abord été de remettre en état cette ruine dont la fouille entreprise par M. LAOUT avait été interrompue par la guerre et par son départ de Tébessa, puis de commencer les dégagements nécessaires à l'interprétation d'un ensemble complexe. offrant des éléments de décoration intéressants. niais dont !'explication demeure encore assez mystérieuse. Celle fouille a besoin d'être poursuivie pour résoudre certains problèmes de date et de structure qui ne paraissent pas sans rapport avec la date de la construction de la Basilique de Tébessa elle-même.

Quant à M. EUZENNAT il a dirigé le chantier de Tigzirt dont il a été question plus haut.

M. Pierre CINTAS, Inspecteur des Antiquités en Tunisie au cours d'une mission qui lui a été confiée par le Gouvernement Général de l'Algérie, a exploré le site des Andalouses, près d'Oran où des vestiges ibéro-puniques ont été décelés. Au cours d'une fouille rapide, il a découvert des objets précieux et intéressants, notamment une parure féminine, qui sont en cours d'étude et qui révèlent des relations étroites avec les établissements puniques d'Espagne. Grâce à l'aide de M. VUILLEMOT propriétaire à Bou Sfer. M. CINTAS a entrepris la prospection de plusieurs sites ibéro-puniques de la côte d'Oranie où des indices très intéressants peuvent faire souhaiter des recherches précises.

M. Jean MARION, Professeur au Lycée d'Oudjda, a rempli du 8 au 19 avril 1952 une mission de fouilles et de recherches subventionnée par le Gouvernement Général. Reprenant après quatre ans la suite de l'enquête menée en 1948 sur le site présumé de Timici. à Sidi bon Chaïb. (Publications du Service des Antiquités Missions archéologiques, 1951. Les agglomérations antiques des environs de Paul-Robert, dépt d'Alger), M. MARION a non seulement dégagé un édifice à deux absides qui a peut-être été une chapelle chrétienne mais deux petits thermes privés assez bien conservés.

Divers sondages et l'activité de M. Marcelin OLIVIER , colon à Paul-Robert, ont en outre procuré à M. MARION des documents épigraphiques, des stèles, divers objets, monnaies, fragments  de verre et, sur des fragments de dolia, des restes d'estampilles.

 La poursuite de la publication du Recueil des Inscriptions de l'Algérie de Stéphane Gsell a donné lieu , de la part de M. H.G. PFLAUM, Maître de recherches à la  Recherche scientifique [268] à deux séjours en Algérie. Au cours de ses deux missions, M. Pflaum a visité les sites archéologiques de la région de Constantine - et relevé plusieurs centaines de textes épigraphiques inédits, à Celtianis, à Mahidjiba, à Tiddis, à Announa, à Aïn et Bordj, au Djebel Taya. Une borne cadstrale de Statilius Taurus de 26 av. J.-C. a été mise au jour - à Mahidjiba. C'est un document essentiel pour la colonisation de la région, antérieure à l'époque d'Auguste. Il a été déposé au Musée Gustave Mercier à Constantine.

L'année 1952 a vu naître les Tablettes Albertini, éditées par MM. Chr. COURTOIS, L. LESCHI, J.-P. MINICONI, Ch. PERRAT et Ch. SAUMAGNE.

M. Albert GRENIER. Membre de l'Institut Inspecteur Général des Antiquités et des musées de l'Algérie, a parcouru l'Algérie d'Avril à Juin - et la célébration du centenaire de la Société Archéologique de Constantine a été pour lui l'occasion de revenir en Algérie en Novembre, comme représentant du Ministre de l'Education Nationale. Il a présenté à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres les résultats de son inspection.

Louis LESCHI

Correspondant de l'Institut, Directeur des Antiquités de l'Algérie

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(Source: Revue africaine, 97, 1953, p. 252-268)

http://www.tabbourt.com/ (Notes et outils d'archéologie algérienne)

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